Covid « Long » : essoufflement, maux de tête , fatigue généralisée, dépression, pertes de mémoire ou encore des douleurs articulaires…

Certains malades de la Covid-19 présentent toujours des symptômes des mois après la phase aiguë de la maladie. C’est la Covid-longue, une maladie différente que les médecins connaissent encore mal. Que savons-nous des symptômes les plus fréquents ?

La Covid-19 longue est encore mal caractérisée par les scientifiques. On estime qu’environ 30 % des malades retournent à l’hôpital plusieurs mois après l’infection par le coronavirus. De quoi souffrent-ils ?

Tout d’abord, il y a autant de tableaux cliniques que des malades. La Covid-19 a mille visages et il est difficile pour les scientifiques d’en tirer des généralités, donc de comprendre les mécanismes sous-jacents et de proposer un traitement adapté. Ces facteurs ne facilitent pas la prise en charge des patients qui se sentent souvent perdus face à leur état de santé qui ne s’améliore pas. Malgré tout, les connaissances sur le sujet évoluent constamment et permettent d’identifier les symptômes les plus fréquents chez les personnes atteintes de Covid-19 longue.

Quels sont les symptômes courants de la Covid longue ?

Une étude transversale, parue dans BMJ, a suivi 384 patients pendant les 54 jours qui ont suivi leur sortie de l’hôpital après avoir été infectés par le coronavirus. Il s’agit ici essentiellement d’hommes âgés en moyenne de 60 ans et souffrant de comorbidités, mais la Covid-19 longue n’épargne ni les femmes ni les patients plus jeunes. Selon l’étude, 53 % des patients souffrent encore d’essoufflements, 69 % de fatigue chronique, 34 % de toux et 14,6 % de dépression.Voir aussi Covid-long : quelles sont les personnes les plus à risque ?

D’un point de vue biologique, certains marqueurs ne sont pas revenus dans les normales. Ainsi, 30,1 % et 9,5 % des patients ont des taux trop élevés de D-dimères et de protéine C réactive respectivement dans le sang. Ces deux biomarqueurs témoignent d’une atteinte pulmonaire, notamment les D-dimères qui sont élevés dans les cas d’embolie pulmonaire. Du côté des examens d’imagerie, pratiquement tous les patients ont fait une radiographie du thorax à leur entrée de l’hôpital ; 54 jours après leur sortie, 38 % des radios étaient toujours anormales et 9 % montraient une aggravation. Pour ces dernières, 43 % présentaient toujours des anomalies typiques de la Covid-19.

D’autres recherches sont nécessaires pour mettre en lumière toutes les conséquences à long terme de la Covid-19, notamment neurologiques. Le SARS-CoV-2 pourrait causer des dommages persistants dans le système nerveux central qui expliqueraient que des personnes ne retrouvent pas leur sens du goût et de l’odorat même plusieurs mois après la maladie. Les atteintes du système nerveux central pourraient avoir des conséquences encore plus graves, notamment l’apparition de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Mais, pour le moment, il ne s’agit que d’hypothèses.

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