Syndrome post-Covid Hôpital Foch

Syndrome post-Covid : un traitement sur mesure

27/06/2020 (MIS À JOUR À 07:37)Par Tara Schlegel

Reportage |Plusieurs semaines après leur guérison de la Covid-19, bien des patients se plaignent de symptômes persistants qui les obligent parfois à ne plus aller travailler. L’Hôpital Foch, à Suresnes, a créé une consultation « Réhab-Covid », qui propose un bilan personnalisé.

Une patiente mesure sa force de préhension grâce à un dynamomètre lors de cette consultation en banlieue parisienne.
Une patiente mesure sa force de préhension grâce à un dynamomètre lors de cette consultation en banlieue parisienne.• Crédits : Marine Volpi, ville de Suresnes

L’hôpital Foch de Suresnes a créé la première consultation post-Covid proposée en France. Baptisé « Réhab-Covid« , ce parcours de soin cherche à remettre sur pied les malades de la Covid-19 qui souffrent encore de symptômes très handicapants plusieurs semaines après leur guérison.  

Cette consultation a été imaginée par le docteur Nicolas Barizien, médecin du sport et médecin rééducateur. D’ordinaire, son service de réadaptation fonctionnelle accueille des patients atteints de cancers qui bénéficient d’une remise en forme avant leur traitement, ce qui leur permet de bien mieux récupérer ensuite. Depuis quelques semaines, l’équipe du Dr Barizien reçoit des malades qui ont développé une forme plutôt légère de la Covid-19 mais qui ont l’impression de ne pas en sortir. 

Des patients plutôt jeunes 

« Notre consultation s’intéresse aux patients plutôt jeunes, actifs, qui présentent une résurgence de leurs symptômes, à distance de leur épisode aigu de la Covid », explique le chef du service de l’unité de réadaptation fonctionnelle de l’hôpital Foch. Il sourit derrière sa visière transparente et s’excuse : il n’a pas encore eu le temps de déjeuner, les patients du matin même ont pris un peu de retard. Normalement, il faut une demi-journée pour boucler tous les diagnostics, mais parfois cela se prolonge un peu. Le Dr Barizien mangera donc sur le pouce, avec son équipe, avant de retourner à ses patients, non sans avoir détaillé très précisément les différentes étapes du parcours qu’il a imaginé pour ces malades. 

Des malades qui décrivent tous à peu près la même trajectoire. Un mois et demi à deux mois après la fin de leurs symptômes aigus – c’est-à-dire de la fièvre et souvent une gène respiratoire – ces patients développent de nouveaux symptômes « qui sont quasiment la même chose, sauf la fièvre, liste le docteur Barizien, ils souffrent d’essoufflement au moindre effort, d’une oppression thoracique – l’impression d’avoir une enclume sur la poitrine – de douleurs au niveau des côtes, du sternum, de douleurs à l’inspiration profonde, d’un mal de tête, parfois de migraines, de vertiges, et puis surtout de la fatigue, une grande lassitude »

Il est important de noter, souligne le Dr Barizien, que ces patients sont guéris de la Covid-19 et qu’ils sont adressés par des médecins généralistes en ville ou les spécialistes de l’hôpital Foch, qui ont déjà éliminé d’éventuelles complications liés à la maladie. En amont de leur visite, les patients doivent donc vérifier qu’ils n’ont pas de problème pulmonaire – leur scanner thoracique doit être normal. Qu’ils n’ont pas non plus de problème cardiaque – parfois leurs douleurs thoraciques peuvent faire penser à un infarctus ou a une embolie pulmonaire. Leurs analyses biologiques doivent être normales et leur électrocardiogramme également. 

Deux membres de l'équipe de Nicolas Barizien : Virginie Lecomte, la diététicienne (à gauche) et Joséphine Tschirhart, la psychologue (au centre)
Deux membres de l’équipe de Nicolas Barizien : Virginie Lecomte, la diététicienne (à gauche) et Joséphine Tschirhart, la psychologue (au centre) • Crédits : Marine Volpi/Ville de Suresnes

Quatre critères sont pris en considération 

Même si tous les examens sont normaux, « ces malades ont des symptômes, insiste le médecin du sport, ils ne vont toujours pas bien. On va donc évaluer la ‘fonction’ : ce qu’ils arrivent à faire et ce qu’ils n’arrivent pas à faire. «  Pour cela, l’équipe examine le malade en fonction de 4 critères principaux, détaille Nicolas Barizien  :

  • L’importance de la perte de poids en phase aiguë.
  • La gène respiratoire – l’équipe recherche en particulier un syndrome d’hyper ventilation, c’est une respiration superficielle qui n’est pas efficace et qui explique une partie des symptômes dont souffrent les malades. 
  • Un déconditionnement musculaire, « c’est-à-dire qu’on a perdu une partie de sa masse musculaire. On fait donc le même poids, mais on a un ‘plus petit moteur’ et on n’arrive plus à faire d’efforts », résume le Dr Barizien.  
  • Et, potentiellement, un syndrome anxieux. « Parce que quand on attrape une maladie dont on vous dit, tous les jours, pendant plusieurs semaines que cela tue, qu’il y a beaucoup de morts , qu’on passe en réanimation » constate le Dr Barizien, « qu’on est actif et qu’on vit avec des proches à la maison, c’est anxiogène. Et cela peut générer de l’anxiété, perceptible ou parfois non perceptible, mais pouvant aller jusqu’à un syndrome de stress post-traumatique – comme ce que l’on constate au moment d’attentats, de prises d’otages ou d’événements plus graves. »

Le médecin revient ici sur l’ensemble du processus, du choix des malades aux examens possibles et aux raisons pour lesquels il ne faut pas laisser les patients dans l’incertitude : ÉcouterRéécouter « Les patients se plaignent souvent d’une très grande fatique, une très grande lassitude. »5 MIN »Les patients se plaignent souvent d’une très grande fatique, une très grande lassitude. »

« Donc, nous dépistons cela, parce que ces quatre critères, on sait les soigner ! », se félicite le Dr Barizien, « l’idée est donc de faire le diagnostic d’un dysfonctionnement et de le prendre en charge. » Les malades vont rencontrer tour à tour les quatre membres de l’équipe « Réhab-Covid » pour passer différents tests. 

Le diagnostic avec une kinésithérapeute

Première étape, la kinésithérapeute reçoit les malades qui vont pratiquer plusieurs exercices bien précis afin de pouvoir mesurer leur endurance et leur force. Ce jour là, dans le service de réadaptation se sont présentées deux malades qui ont demandé à bénéficier du programme. Nous suivons Anne-Laure, âgée de 37 ans. Mince et très sportive, cette maman de trois enfants se sent particulièrement fatiguée depuis plusieurs semaines. Elle a attrapé la Covid-19 début avril et, bien que guérie, ne parvient toujours pas à reprendre son activité professionnelle. 

La patiente mesure sa force de préhension grâce à un dynamomètre.
La patiente mesure sa force de préhension grâce à un dynamomètre.• Crédits : Marine Volpi/Ville de Suresnes

Selma Doux est masseur-kinésithérapeute. Elle guide la patiente, Anne-Laure : ÉcouterRéécouter Selma Doux pourra proposer un programme de renforcement musculaire2 MINSelma Doux pourra proposer un programme de renforcement musculaire

Puis la patiente doit effectuer un test d’endurance pour mesurer à quelle vitesse elle est capable de marcher. D’habitude, Anne-Laure fait 40 minutes de vélo par jour, deux heures de tennis par semaine et du yoga. Mais ce jour là, elle a du mal à récupérer. Selma Doux l’encourage dans ses efforts :ÉcouterRéécouter Au bout de 6 minutes de marche, la patiente est anormalement essoufflée.1 MINAu bout de 6 minutes de marche, la patiente est anormalement essoufflée.

Nicolas Barizien résume ce premier diagnostic : « Les kinésithérapeutes évaluent la fonction de base qu’est la marche, grâce à un test de marche de 6 minutes. Ils évaluent aussi la force musculaire, au niveau de la préhension et de la force dans les jambes – c’est ce dont on a besoin pour attraper des choses et pour se lever. » Les kinésithérapeutes notent aussi la capacité des malades à suivre un programme d’auto-rééducation. « Parfois, on va proposer aux gens de faire leur rééducation seuls à la maison, ajoute le docteur, et on calibrera les exercices grâce à l’évaluation des kinés. »

Le regard de la diététicienne 

La diététicienne, Virginie Lecomte reçoit la patiente pour évaluer une éventuelle perte de poids.
La diététicienne, Virginie Lecomte reçoit la patiente pour évaluer une éventuelle perte de poids.• Crédits : Marine Volpi/Ville de Suresnes

Les patients rencontrent ensuite une diététicienne. Au cours d’un long entretien, Virginie Lecomte va évaluer avec le patient comment son poids a évolué au cours de la maladie et s’il s’est rétabli. L’enjeu est la reconstitution de la masse musculaire, essentielle à une bonne santé. « Perdre 10% de son poids total sur un mois amène une dénutrition sévère« , or cela arrive à certains patients Covid prévient Virginie Lecomte : ÉcouterRéécouter « Via l’alimentation on traite le stress, la fatigue, la qualité du sommeil »3 MIN »Via l’alimentation on traite le stress, la fatigue, la qualité du sommeil »

Comme le rappelle le Dr Barizien : 

Le statut nutritionnel est évalué, grâce à une enquête alimentaire sur quelques jours. La diététicienne mène parallèlement un entretien. Et on fait aussi passer le patient sur une balance impédancemètre, qui donne une idée de la répartition de sa masse corporelle : elle calcule combien de % d’os on possède, combien de % d’eau, de masse musculaire et de masse grasse. 

Troisième étape : l’entretien avec la psychologue

C’est au tour de la psychologue d’intervenir. Joséphine Tschirhart reçoit tous les patients pour un entretien individuel qui lui permet de détecter une éventuelle souffrance psychique. Cette jeune psychologue a parfois déjà rencontré les malades qui, pour la plupart d’entre eux, ont été soignés à l’Hôpital Foch pendant la phase aiguë de leur maladie. Au plus fort de la crise sanitaire, elle a aussi reçu les familles endeuillées et accompagné les personnels soignants très éprouvés par la pandémie. A présent qu’ils sont guéris, et même si l’histoire de chacun diffère, il y a souvent cette même impression de ne pas arriver à s’en remettre, raconte Joséphine Tschirhart :ÉcouterRéécouter « Les patients ne seraient pas forcément venus voir une psychologue par eux-mêmes. »2 MIN »Les patients ne seraient pas forcément venus voir une psychologue par eux-mêmes. »

Cette maladie est très anxiogène, insiste le Dr Barizien, car on a beaucoup dit aux patients qu’elle était grave et capable de tuer. Ils vivent aussi dans la peur de contaminer leurs proches. Certains souffrent donc d’un stress post-traumatique et seront orientés vers des thérapies adéquates.

L’évaluation du médecin rééducateur 

Enfin, les patients sont orientés vers le médecin rééducateur. Le Dr Barizien leur demande de procéder à deux derniers exercices. Monter sur la balance impédancemètre et faire un test d’effort en pédalant pendant environ quinze minutes. Il détaille les machines sophistiquées dont il dispose et guide la patiente, Anne-Laure : ÉcouterRéécouter « On peut se lever et se dire que ça va être une bonne journée, et deux heures après, c’est la catastrophe. »3 MIN »On peut se lever et se dire que ça va être une bonne journée, et deux heures après, c’est la catastrophe. »

L'ensemble du parcours de soin se déroule en une après-midi.
L’ensemble du parcours de soin se déroule en une après-midi. • Crédits : Marine Volpi/Ville de Suresnes

Au bout d’un parcours de trois heures environ, l’équipe élabore son diagnostic. « Soit on ne trouve rien, et c’est tant mieux, se félicite le Dr Barizien, cela veut juste dire que les malades auront besoin d’une convalescence un peu plus longue que ce que l’on connaît pour une maladie habituelle. » Soit son équipe identifie un critère à prendre en charge : « Par exemple, si le malade a perdu 10% de sa masse musculaire, il va falloir la reprendre en faisant de l’activité sportive et en ayant un régime alimentaire adapté pour refaire du muscle. Si, en revanche, il s’agit d’un stress anxieux, cela peut aussi être une prise en charge par une psychologue clinicienne. Elle aura des outils adéquats, soit de la thérapie cognitive et comportementale, soit de l’EMDR – si c’est un stress post-traumatique. » 

Les solutions proposées sont « sur mesure » et réorientent la plupart du temps les malades vers des praticiens extérieurs. Cela dit, ils restent suivis par l’Hôpital Foch. Pour les patients qui auront à faire, par exemple, des exercices de rééducation en autonomie ou à suivre un régime alimentaire spécifique sans l’aide d’un professionnel, un membre de l’équipe « Réhab-Covid » s’engage à les rappeler chaque semaine afin de vérifier leurs progrès. De toutes façons, les malades seront revus au bout de deux mois puis au bout de six mois

Eviter de tomber dans une maladie chronique

Laisser les malades seuls avec leur symptômes est une très mauvaise chose. D’abord, parce que l’incertitude est pire que tout. « Quand on ne sait pas de quoi on souffre, c’est source de grande anxiété » , note le chef du service de réadaptation fonctionnelle. 

Ensuite, parce qu’il faut à tout prix éviter que les dysfonctionnements ne s’installent durablement.  « Les symptômes appelés ‘subaigus’ – c’est-à-dire survenant dans les quelques mois qui suivent l’infection aiguë- sont plus faciles à soigner pendant cette période là, assure le Dr Barizien, qu’au bout de six mois. Après six mois, on parle de ‘chronicité’ et, malheureusement, on est moins bons pour soigner les maladies chroniques. »

Voilà pourquoi l’Hôpital Foch a mis à disposition des médecins généralistes une sorte de guide qui leur permet d’effectuer un premier diagnostic dans leur cabinet, quand ils reçoivent des patients guéris du nouveau coronavirus mais qui se plaignent de troubles. Sur le site internet de l’établissement, on trouve sous l’onglet « professionnels » une page destinée aux praticiens. Ils peuvent y télécharger deux questionnaires d’auto-évaluation à donner aux patients. Le Dr Barizien leur propose aussi de demander au malade d’effectuer un test physique rapide : il s’agit de calculer le nombre de fois où l’on est capable de s’asseoir puis de se lever d’une chaise, en trente secondes. Selon le score, les médecins généralistes verront si leur patient souffre de l’un des dysfonctionnements listés par l’équipe. Le cas échéant, si un malade répond à plus d’un critère, le médecin peut adresser son dossier à l’Hôpital Foch et l’équipe décidera de recevoir, ou non, ce nouveau malade. Pour l’instant, les consultations « Réhab-Covid » sont réservées aux patients déjà suivis par l’hôpital lui-même. 

Une maladie encore très méconnue

Nicolas Barizien avoue que c’est la première fois qu’il voit une infection évoluer de la sorte :

Habituellement, on a des symptômes qui persistent et qui mettent du temps avant de disparaître. On sait que pour une mauvaise grippe, on va tourner la page en un mois, un mois et demi. Tous les jours, semaine après semaine, cela va mieux. Là, on a vu des gens qui avaient l’impression de recommencer à vivre normalement et qui, ensuite, ont à nouveau des symptômes qui les handicapent. C’est la première fois qu’on voit ça.

Il y a encore bien des inconnues à lever, conclut le médecin du sport. On ne peut pas savoir si les symptômes à l’issue de la Covid-19 seront « des choses simples comme celles que nous évaluons en ce moment et que nous sommes capables de traiter. Ou si il va s’agir d’un vrai syndrome chronique Post-Covid. Ce virus nous fait beaucoup de farces et nous ne comprenons pas encore comment il fonctionne ni quels dégâts il a fait dans l’organisme. »

Covid long: Fatigue et Conduite

1. Fatigue : quels risques au volant ?

Au volant, la fatigue augmente le risque d’accident.

La fatigue altère les facultés du conducteur, bien souvent sans que celui-ci ne s’en rende compte. Elle favorise la viscosité mentale, dégrade l’attention la vigilance, affecte le jugement et les réflexes.

Concrètement, le conducteur fatigué aura du mal à rester concentré. Il lui faudra plus de temps pour réagir ou prendre une décision. Son champ visuel peut également être rétréci.

La fatigue commence à se manifester de façon cyclique : des phases de vigilance et d’attention normale alternent avec des phases de relâchement.

Elle est réversible par le repos, ou parfois, de façon brève, sous l’effet de stimulations (conversation, musique).

La conduite elle-même génère une fatigue physique et mentale du conducteur. Lors d’un long trajet, il est indispensable de faire une pause de 15 à 20 minutes toutes les deux heures au minimum, et de s’arrêter dès les premiers signes de fatigue.

Les signes annonciateurs de la fatigue :

  • bâillements fréquents ; 
  • picotements des yeux ;
  • sensation de raideur dans la nuque ;
  • difficulté à trouver une position confortable ;
  • regard qui se fixe ;
  • pertes de mémoires ( pas de souvenir des derniers kilomètres parcourus) ;
  • hallucinations (présence d’un animal sur la route) ;
  • difficultés à maintenir une vitesse et une trajectoire constantes.

2. Somnolence : quels risques au volant ?

Sur autoroute, 1 accident mortel sur 3 est dû à l’endormissement du conducteur…

La somnolence(ou hypovigilance) correspond à un stade altéré de la vigilance. Elle se traduit à la difficulté à rester éveillé.

Comme la fatigue, le phénomène est tout d’abord cyclique, la vigilance oscillant entre éveil et somnolence. Mais tandis que la fatigue laisse le conducteur en état de réagir à des stimulis d’alerte, en cas de somnolence, tous les stimulis sont perçus comme atténués.

Elle représente un danger majeur au volant : elle entraîne des périodes de « micro-sommeils » (de 1 à 4 secondes) et un risque d’endormissement important quelle que soit la longueur du trajet.

Les signes précurseurs de la somnolence au volant :

  • sensation de paupières lourdes ;
  • envie de se frotter les yeux ;
  • nécessité de bouger ou de changer de position fréquemment ;
  • gêne visuelle ;
  • sensation d’avoir froid.

Lorsque l’un ou plusieurs de ces signes se manifestent, il faut s’arrêter dans un endroit sûr et faire une sieste de 10 à 15 minutes, ou encore passer le volant à un autre conducteur lorsque cela est possible.

Conduire en somnolant multiplie par 8 le risque d’avoir un accident corporel.

Et il est impossible de lutter contre le sommeil.

Le café, la radio ou même la cigarette ne sont d’aucun secours en cas de somnolence.

Les facteurs de risque de somnolence :

  • Être éveillé depuis plus de 17 heures.
    Au-delà, les capacités physiques et mentales du conducteur sont équivalentes à celles d’une personne présentant une alcoolémie de 0,5 g d’alcool par litre de sang;
  • Une dette de sommeil: l’accumulation d’heures de sommeil en retard.
    Prendre la route avec une dette de sommeil est aussi dangereux que de conduire avec une alcoolémie de 0,5 g/ litre de sang.
    Plus d’un tiers des Français dort moins de 6 heures par nuit alors que la plupart d’entre aurait besoin de 7 à 8 heures de sommeil.
  • Conduire entre 2 et 5 heures du matin et entre 13 et 15 heures, périodes pendant lesquelles la propension à somnoler est importante;
  • Des troubles du sommeil non traités, comme l’apnée du sommeil;
  • La consommation de drogue, d’alcool ou de médicaments, dont beaucoup ont un effet sédatif, ou diminuent la résistance à la fatigue;
  • Conduire au-dessus des limitations de vitesse.
    Une vitesse élevée implique un traitement des informations et une adaptation de la vision plus rapides. Ce stress entraîne une plus grande fatigue, à l’origine d’une baisse de vigilance. 

3. Fatigue et somnolence : quelles solutions ?

Dès les premiers signes de somnolence, le risque d’accident est multiplié par 3 ou 4.

  • Boire un café, ouvrir la fenêtre, monter le volume de la radio ne sont pas de véritables solutions. Seul le sommeil permet de réduire la fatigue et la somnolence. Il est néanmoins possible de prévenir leur apparition.
  • Faites systématiquement une pause toutes de 15 à 20 minutes toutes les deux heures. N’hésitez pas à vous arrêter plus souvent la nuit.
  • Prenez l’air, dégourdissez-vous les jambes, reposez-vous, buvez de l’eau fraîche ou un café, faites une sieste (10 à 15 minutes) si vous avez sommeil… Cette pause vous permettra d’améliorer votre vigilance. Elle ne remplacera pas une bonne nuit de sommeil si vous êtes vraiment fatigué ou que vous présentez une dette de sommeil. 
  • Avant de prendre le volant, évitez les repas trop riches.
    Les glucides favorisent la somnolence entre une demi-heure et une heure après leur absorption.  Les lipides également. Avant et pendant un long trajet, il est donc préférable de privilégier les protéines et de faire des repas plus légers ou fractionnés (répartir la ration alimentaire sur un ou deux repas de plus pour diminuer les quantités absorbées à chaque prise alimentaire).
  • Aérez régulièrement votre véhicule, et réglez soigneusement la ventilation. Une température trop élevée favorise la somnolence.
  • Pendant le voyage, choisissez une musique rythmée ou une émission : elles stimulent l’attention. Évitez les musiques lancinantes.
  • Évitez de conduire entre 13 et 16 heures et entre 2 h et 5 h, périodes propices à la somnolence.
  • Relayez-vous entre conducteurs. N’hésitez pas à passer le volant pour vous reposer si vous en avez la possibilité.
  • La veille d’un long trajet en voiture, veillez à dormir suffisamment, afin de prendre la route reposé. Cinq heures de sommeil ou moins la veille d’un départ multiplie par cinq le risque d’accident.

4. Attention et vigilance : qu’est-ce que c’est ?

Fatigue et conduite

La vigilance et l’attention sont deux facultés mentales indispensables à la conduite d’un véhicule. La fatigue peut les altérer de façon importante.

La vigilance et l’attention permettent la coordination des trois processus à l’œuvre dans la conduite :

  • perception (de l’environnement et de ses modifications) ;
  • traitement de l’information et la prise de décisions associées ;
  • exécution.

La vigilance correspond à l’état d’activation du système nerveux central, c’est-à-dire au niveau d’éveil du cerveau et à sa capacité à traiter les informations en général à un moment donné. On distingue plusieurs degrés de vigilance, allant du niveau « normal » au sommeil profond.

La vigilance est altérée par la fatigue, une dette de sommeil, la prise de substances psychoactives (drogues, alcool, médicaments).

Il existe une différence majeure entre une baisse de vigilance due à la fatigue, qui sera réversible par le repos ; et celle induite par la prise de substance sédatives (drogue, alcool, médicament), inconstante, et qui n’est que partiellement réversible par le repos. Dans ce dernier cas, ce n’est qu’une fois que l’organisme du consommateur aura éliminé la substance ne question que celui-ci pourra retrouver un niveau de vigilance suffisant pour conduire.

L’attention correspond à un état de concentration de l’activité mentale sur un objet déterminé (la route par exemple) et à la capacité du cerveau à traiter les informations qui lui sont liées. Celui-ci sélectionne alors les données pertinentes et inhibe les données inutiles.

Il s’agit d’un processus de contrôle et de traitement de l’information, qui permet l’adaptation du comportement humain à son environnement.

De nombreux accidents de la route sont dus à un défaut d’attention du conducteur. Le risque survient lorsque l’attention est :

  • altérée, par la fatigue par exemple ;
  • détournée, par le téléphone (conversation ou message), une conversation agitée, des préoccupations ;
  • diffuse, c’est-à-dire orientée sur une information aléatoire, et que la vigilance baisse, comme en cas de fatigue (le conducteur risque l’endormissement) ;
  • focalisée sur un objet très précis, parfois au détriment d’autres éléments.

C’est ainsi qu’un conducteur en quête d’un panneau indicateur peut ne pas voir un piéton surgissant devant son véhicule. 

5. Capacité de réserve : qu’est-ce que c’est ?

Fatigue et conduite

En cas de fatigue ou de somnolence, l’organisme du conducteur s’adapte et mobilise ses dernières ressources…

La capacité de réserve correspond à la capacité d’un conducteur en état de fatigue, de somnolence ou de sédation, à mobiliser ses capacités restantes pour conduire.

Celui-ci focalise alors son attention sur quelques tâches prioritaires (maintien de la trajectoire, vision frontale), au détriment des autres.

La capacité de réserve de chacun est limitée et ne peut être mobilisée que pour une période brève. Elle correspond au « dernier recours » de l’organisme. Une fois cette capacité de réserve épuisée, la vigilance et l’attention s’effondrent brutalement, et le risque d’endormissement est imminent.

L’expérience du sujet  joue un rôle clé dans la sélection, quasi-réflexe, des tâches à sauvegarder.

6. Téléphone et charge mentale : quels risques ?

Fatigue et conduite

La charge mentale désigne l’ensemble des ressources mentales mobilisées pour une activité.

Conduire est une activité à part entière, qui implique une charge mentale importante. Se consacrer à une activité annexe tout en conduisant entraine pour le conducteur une surcharge mentale, associée à une détérioration de ses performances de conduite, et à une augmentation du risque d’accident.

C’est le cas notamment de l’usage du téléphone : une conversation à distance, même simple et calme, tout comme l’envoi d’un message, induisent de nombreux mécanismes automatiques de pensée : imaginer l’interlocuteur, l’endroit où il se trouve…

Différentes études ont démontré que l’utilisation du téléphone au volant entrainait une surcharge mentale pour le conducteur.

Cet état de surcharge mentale est dangereux à double titre :

– il détourne l’attention du conducteur de l’activité première et détériore ses performances de conduite ;

– il accélère l’apparition de la fatigue.

Le danger du téléphone au volant vient donc de la charge mentale supplémentaire qu’il entraîne, et non de la mobilisation d’une main pour tenir le téléphone.  Les kits main libre et oreillettes ne réduisent en rien le risque.

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Symptômes de COVID Long

A la demande du ministre des Solidarités et de la Santé en décembre dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a réalisé un rapport faisant la liste des symptômes prolongés de la Covid-19 chez l’adulte. Etabli par un groupe de travail constitué de professionnels de santé et d’associations de malades, le rapport doit permettre d’aider les professionnels de santé à identifier et prendre en charge les patients atteints de Covid long. Selon les experts, les douze symptômes persistants les plus fréquemment observés chez les patients atteints de la Covid-19 sont : 

  • Fatigue majeure, somnolence diurne
  • Dyspnée, toux
  • Douleurs thoraciques
  • Troubles de la concentration et de mémoire, manque du mot
  • Céphalées, paresthésies, sensation de brûlures
  • Troubles de l’odorat, du goût, acouphènes, vertiges, odynophagie
  • Douleurs musculaires, tendineuses ou articulaires
  • Troubles du sommeil
  • Irritabilité, anxiété
  • Douleurs abdominales, nausées, diarrhée, baisse ou perte d’appétit
  • Prurit, urticaire, pseudo-engelures
  • Fièvre, frissons
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Vaccination ouverte aux personnes âgées d’au moins 50 ans

Les autorités espèrent accélérer la vaccination dans les jours à venir et ont à nouveau tenté de rassurer concernant l’AstraZeneca.

Écrit par 6mediasPublié le 10/05/2021 à 6h23

Tous les Français âgés de 50 ans et plus peuvent se faire vacciner sans condition à compter de ce lundi 10 mai. L’ouverture à cette tranche d’âge s’est faite cinq jours plus tôt qu’initialement prévu. A partir de mercredi, les injections seront en outre accessibles aux plus de 18 ans lorsqu’un créneau sera disponible la veille pour le lendemain sur les plateformes de prises de rendez-vous comme Doctolib, afin de ne gâcher aucune dose.

Mais la campagne fait face à plusieurs écueils, notamment la défiance persistante à l’égard du vaccin AstraZeneca, dont seulement 75% des doses reçues ont été injectées selon des chiffres arrêtés dimanche dernier. Soucieux d’amplifier la cadence, le Premier ministre Jean Castex a rappelé samedi l’absence de « danger » lié au vaccin anglo-suédois pour les plus de 55 ans auxquels il est réservé. « Les autorités sont toutes unanimes, en France comme ailleurs », a-t-il souligné, appelant la population à se faire « vacciner avec tous les vaccins, en particulier avec l’AstraZeneca ». Au total, l’AstraZeneca a entraîné « 30 cas, dont 9 décès » de thromboses rares en France, sur plus de 3.855.000 doses administrées au 29 avril, selon l’Agence française du médicament (ANSM).

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Covid-19 : la vaccination ouverte à tous les plus de 18 ans sur les créneaux vacants

S’il devrait fluidifier le fonctionnement des centres de vaccination, ce changement, mis en place à partir du 12 mai, ne devrait pas bousculer fondamentalement le rythme de la campagne.

Par Alexandre LemariéLaurie Moniez(Lille, correspondante)Delphine Roucaute et Richard Schittly(Lyon, correspondant)Publié aujourd’hui à 05h22, mis à jour à 05h31 

Dans un centre de vaccination, à la Porte de Versailles, à Paris, le 6 mai 2021.
Dans un centre de vaccination, à la Porte de Versailles, à Paris, le 6 mai 2021. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

« Continuer à marche forcée d’avancer », c’est avec ces termes qu’Emmanuel Macron a commenté sa stratégie vaccinale, jeudi 6 mai, en bousculant une nouvelle fois le calendrier d’élargissement de la cible vaccinale. Avec cinq jours d’avance, dès lundi, toutes les personnes de 50 à 59 ans auront, comme leurs aînées, accès aux vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna), alors que seules celles souffrant de comorbidités pouvaient en bénéficier jusque-là. Des rendez-vous seront disponibles dès vendredi sur la plate-forme Doctolib. Les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson sont, eux, toujours réservés aux plus de 55 ans en raison du moindre risque de thromboses de cette population après injection.

Les personnes de 16 et 17 ans souffrant d’une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 sont désormais autorisées à se faire vacciner avec le vaccin Pfizer-BioNTech, le seul à avoir l’autorisation pour cette tranche d’âge. Selon le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, Alain Fischer, 10 000 à 20 000 adolescents sont concernés.Le calendrier : Qui peut se faire vacciner et quand ?

Fluidifier le fonctionnement des centres

Enfin, à partir du mercredi 12 mai, les créneaux encore disponibles la veille du rendez-vous pourront être pris par tous les Français de plus de 18 ans, sans autre limite d’âge. « Chaque jour en fin d’après-midi, on va permettre aux gens d’aller chercher éventuellement des rendez-vous disponibles pour être sûr que tous les rendez-vous sont pris partout sur le territoire en France », a souligné le président de la République. En routine, ce sont actuellement plus de 20 000 rendez-vous qui sont ainsi pris sous vingt-quatre heures dans une cinquantaine de grands centres. De quoi fluidifier le fonctionnement des centres, donc, sans pour autant bousculer fondamentalement le rythme de la campagne.

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Syndrome prolongé de la Covid-19 : diagnostic et prise en charge

Interview du Pr Dominique Salmon-Céron, service de maladies infectieuses et d’immunologie de l’Hôtel-Dieu (AP-HP) et présidente du groupe de travail sur les symptômes prolongés de la Covid-19 de la HAShttps://player.vimeo.com/video/521508978?autoplay=1


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Fatigue, douleurs thoraciques, dyspnée, troubles du goût et de l’odorat, manifestations neurologiques, dysautonomie, troubles digestifs, douleurs, céphalées,… sont quelques uns des symptômes ressentis par les patients souffrant du syndrome prolongé de la Covid-19. Ils sont environ 20 % à en présenter au moins un, cinq semaines après le début de la maladie, et plus de 10 % à 6 mois.

Le professeur Dominique Salmon-Céron, infectiologue, reçoit ces patients au centre de consultation post-Covid de l’Hôtel Dieu à Paris. Elle a présidé le groupe de travail de la HAS qui a émis les réponses rapides et les fiches techniques sur le diagnostic et les conduites à tenir face à ces symptômes prolongés. Dans cette interview, le Professeur Salmon-Céron fait le point sur l’état actuel des connaissances sur ces formes prolongées de la Covid-19 qui recèlent encore bien des secrets et leur prise en charge parfois difficile.

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Covid « Long » : essoufflement, maux de tête , fatigue généralisée, dépression, pertes de mémoire ou encore des douleurs articulaires…

Certains malades de la Covid-19 présentent toujours des symptômes des mois après la phase aiguë de la maladie. C’est la Covid-longue, une maladie différente que les médecins connaissent encore mal. Que savons-nous des symptômes les plus fréquents ?

La Covid-19 longue est encore mal caractérisée par les scientifiques. On estime qu’environ 30 % des malades retournent à l’hôpital plusieurs mois après l’infection par le coronavirus. De quoi souffrent-ils ?

Tout d’abord, il y a autant de tableaux cliniques que des malades. La Covid-19 a mille visages et il est difficile pour les scientifiques d’en tirer des généralités, donc de comprendre les mécanismes sous-jacents et de proposer un traitement adapté. Ces facteurs ne facilitent pas la prise en charge des patients qui se sentent souvent perdus face à leur état de santé qui ne s’améliore pas. Malgré tout, les connaissances sur le sujet évoluent constamment et permettent d’identifier les symptômes les plus fréquents chez les personnes atteintes de Covid-19 longue.

Quels sont les symptômes courants de la Covid longue ?

Une étude transversale, parue dans BMJ, a suivi 384 patients pendant les 54 jours qui ont suivi leur sortie de l’hôpital après avoir été infectés par le coronavirus. Il s’agit ici essentiellement d’hommes âgés en moyenne de 60 ans et souffrant de comorbidités, mais la Covid-19 longue n’épargne ni les femmes ni les patients plus jeunes. Selon l’étude, 53 % des patients souffrent encore d’essoufflements, 69 % de fatigue chronique, 34 % de toux et 14,6 % de dépression.Voir aussi Covid-long : quelles sont les personnes les plus à risque ?

D’un point de vue biologique, certains marqueurs ne sont pas revenus dans les normales. Ainsi, 30,1 % et 9,5 % des patients ont des taux trop élevés de D-dimères et de protéine C réactive respectivement dans le sang. Ces deux biomarqueurs témoignent d’une atteinte pulmonaire, notamment les D-dimères qui sont élevés dans les cas d’embolie pulmonaire. Du côté des examens d’imagerie, pratiquement tous les patients ont fait une radiographie du thorax à leur entrée de l’hôpital ; 54 jours après leur sortie, 38 % des radios étaient toujours anormales et 9 % montraient une aggravation. Pour ces dernières, 43 % présentaient toujours des anomalies typiques de la Covid-19.

D’autres recherches sont nécessaires pour mettre en lumière toutes les conséquences à long terme de la Covid-19, notamment neurologiques. Le SARS-CoV-2 pourrait causer des dommages persistants dans le système nerveux central qui expliqueraient que des personnes ne retrouvent pas leur sens du goût et de l’odorat même plusieurs mois après la maladie. Les atteintes du système nerveux central pourraient avoir des conséquences encore plus graves, notamment l’apparition de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Mais, pour le moment, il ne s’agit que d’hypothèses.

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Alpes-Maritimes, le port du masque n’est plus obligatoire dans certaines zones à l’extérieur

Citant les études montrant que les contaminations en extérieur sont très rares, certains médecins et maires réclament la suppression de l’obligation du port du masque en extérieur, alors que la France entame la première phase du déconfinement. Les contaminations extérieures représenteraient entre 0,5 et 5% de l’ensemble des cas.

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